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 "Enchanté de vous rencontrer Mademoiselle Verger" Margot & Zaccheo

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PUS
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MessageSujet: "Enchanté de vous rencontrer Mademoiselle Verger" Margot & Zaccheo Ven 7 Oct 2016 - 12:18









"Enchanté de vous rencontrer Mademoiselle Verger"

Margot φ Zaccheo

« Enchanté de vous rencontrer Mademoiselle Verger » dis-je quelque peu embarrassé de tomber sur celle dont le prénom m'échappe. Je suis sûr et certain que mon Palefrenier d'ami me l'a dit, mais impossible de remettre le doigt dessus. C'est frustrant !

***


La veille, j'avais envoyé un message à Apollo pour savoir s'il voulait qu'on se voit. Réponse positive. Je lui propose alors de le rejoindre à Muskrat Farm en fin d'après-midi afin de voir ce qu'on nous ferions de notre soirée. Bien que finalement, ça ne sera pas un grand suspens. Un sourire sur les lèvres à cette idée, vers quinze heure trente, après avoir terminé de corriger mon paquet de copie, je suis partie me doucher. Au bout d'une demie heure, jugeant que je suis assez proche je sors et m'habille. Seize heure dix, je quitte l'hôtel et prend la route en direction du domaine Verge. Route que je connais désormais sur le bout des doigts pour l'avoir fait un certain nombre de fois. Lorsque j'arrive devant le grand portail, il est dix-sept heure presque vingt.

J'entre dans le domaine après qu'un type m’ait ouvert le portail et me dirige directement vers la maison d'Apollo. Je frappe quelques coups contre la porte. Aucune réponse et la porte est fermée clé. Génial. J'attends presque dix minutes. Toujours personnes. Je décide alors de partir à la recherche du français. Je me retrouve rapidement aux niveaux des écuries. Je jette un coup d’œil à l'intérieur en appelant mon ami mais rien, aucune réponse. Je continue mon chemin. Ayant déjà visité la propriété avec Apollo, sans pour autant nous approcher de la demeure Verger, je ne suis pas trop perdu.

Enfin, c'est ce que je pensais jusqu'au moment où je me retrouve nez à nez avec l'endroit où sont les cochons. Je hausse un sourcil me rappelant que je n'étais jamais venu par ici étant donné que le palefrenier a une peur bleue de ces bêtes. En même temps, je peux comprendre. Je n'ai jamais vraiment été fan de ces bêtes non plus bien que je réserve mes phobies pour autres choses. Rebroussant chemin, je tente d'appeler mon ami une fois encore mes toujours aucunes réponses. Second message vocal.

En tentant de retrouver mon chemin, je finis par arriver devant une demeure immense, un peu manoir ou un truc du genre. Bâtisse imposante et visiblement très bien entretenue. Il s'agit sûrement de la demeure principal. Et il est certain que je n'ai absolument rien à faire là ! Me retournant, je marche droit devant moi et enfin, je finis par retrouver mes pas et a arriver une fois encore aux écuries. J'y entre une fois encore et décide de faire tous les box dans l'espoir vain de retrouver l'absent. Ce que je n'avais pas prévu en revanche c'est de tomber ne à nez avec la propriétaire des lieux.

En effet alors que je marchais, ne regardant absolument pas devant moi, je heurte quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. Croyant que c'était enfin Apollo je m'apprêtais à réplique qu'il n'était pas trop tôt et que ça faisait un peu plus d'une demie heure que je tournais en rond dans le domaine et que c'était pire qu'un labyrinthe. Mais je suis vite stoppé dans mon élan lorsque, devant moi, se tient une jeune femme. Bien droit et plutôt grande avec un léger air aristocratique. Qu'elle le soit en réalité ou pas, ce n'est pas une pensée méchante mais belle et bien une constatation personnelle.

« Oh heu » je me racla la gorge avant de reprendre « je suis désolé, je ne vous avez pas vu. J'étais parti à la recherche du palefrenier. Vous devez être la propriétaire de la propriété. Enchanté de vous rencontrer Mademoiselle Verge » dis-je plutôt très embarrassé. Et en même temps, il y a de quoi ! Je viens de bousculer la jeune femme qui s'avère être la patronne de mon amant et je ne dois pas faire bonne impression alors qu'elle m'a surprit entrain de fouiner, même si techniquement ce n'est pas tout à fait ça. Je me tiens droit tentant de ne pas paraître nerveux. Pour me donner un peu contenance, je la détaille. C'est une très jolie femme. Grande et mince avec de long cheveux châtains. Elle aussi me regarde. Nous nous faisons face ainsi pendant quelques minutes et seul le bruit créé par le chevaux vient rompre le silence qui s'est imposé. Après un nouveau raclement de gorge, je reprend alors la parole.

« Simple question mais.. Vous n'auriez pas vu Monsieur Méliès ? Ça fait presque une demie heure que je le cherche et il m'est impossible de mettre la main dessus... ». Je souris espérant qu'elle ne me fasse pas mettre dehors par un le type qui se trouvait près du portail à mon arrivée. Parce que j'ai beau être grand, lui il est plutôt baraqué.




© Méphi.




J'ai éclaté en sanglot. J'ai un faible pour cette expression. On n'éclate jamais de faim ou de froid. En revanche, on éclate de rire ou en sanglots. Il est des sentiments qui justifient qu'on vole en éclats.
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MessageSujet: Re: "Enchanté de vous rencontrer Mademoiselle Verger" Margot & Zaccheo Sam 12 Nov 2016 - 1:28

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Zacchéo & Margot

L’après-midi touchait à sa fin et Margot flatta une nouvelle fois l’encolure de sa monture favorite. Hadès s’ébroua doucement, comme pour accueillir les caresses de la jeune femme qui eut un léger sourire. Rares étaient les instants où l’on pouvait voir la demoiselle Verger s’offrir un tel luxe, Mason plongeant sa vie dans un enfer terrible. Mais tout ceci avait pris fin avec le voyage de ce dernier, offrant un peu de répit à la jeune femme et à l’entourage proche de l’héritier de la maison. Tous semblaient mieux vivre, respirer plus aisément ou même faire ce qu’il devait faire avec l’esprit plus paisible. Ce bonheur n’était qu’éphémère et pourtant, il était déjà suffisant pour la belle cavalière qui pouvait vivre sans avoir cet instinct de survie parlant pour elle encore et encore. Elle avait donc passé la journée à se promener dans la propriété avant de sortir deux de ses montures pour une promenade. Apollo avait été présent à ses côtés pour seller les deux chevaux. Le palefrenier avait su gagner la confiance de la jeune propriétaire de l’écurie et ainsi, Margot se sentait presqu’en sécurité dès lors qu’il se trouvait à ses côtés. Un sentiment étrange quand on savait qu’elle avait les hommes en horreur et qu’elle avait décidé de ne plus rien leur offrir que son mépris.

La brune était rentré vers seize heure trente de sa dernière promenade et Apollo n’était plus dans les écuries à ce moment là. Elle avait eu beau l’appeler plusieurs fois, seul le silence lui avait répondu. Alors la jeune femme avait rentré d’elle-même Hadès dans son box, prenant le temps de le cocooner un peu. Il le méritait mille fois plus qu’elle ne pouvait le lui montrer et allait profiter de l’absence de son frère pour se rattraper. Les choses qui étaient précieuses à la jeune femme ne faisaient pas long feu dès lors que Mason apprenait qu’elle avait des sentiments pour une chose ou un être vivant. Elle avait donc appris à garder ses sentiments cachés pour le bien du reste du monde. Offrant quelques friandises à l’étalon, elle avait choisi de le brosser longuement, l’idée de traîner dans cette partie de la propriété, à l’abri du regard de ceux qui pourraient l’espionner pour le compte de son frère était plus que rassurante, d’autant plus qu’elle ne faisait rien de mal. Quand cela fut fait, elle libéra sa tête de sa bombe et ses mains de ses gants. Ses cheveux étaient retenus par une queue de cheval qu’elle portait assez basse. Son pantalon blanc détonnait avec ses bottes noires au cuir nourri et taillées sur mesure. Elle portait une chemise blanche sur laquelle venait se placer une veste d’un bleu marine assez profond. Qu’importe les circonstances, Margot demeurait d’une classe détonante.

Quand elle fut lasse de s’occuper du grand bai, elle tourna les talons, non pas sans lui avoir promis qu’elle reviendra demain dès l’aube. Elle déposa une dernière caresse sur le chanfrein de l’équidé avant de s’en aller, faisant claquer ses bottes sur le sol du bâtiment. Elle repassa rapidement au vestiaire qu’elle était seule à occuper puisque seule à monter, rangeant ses gants et son couvre-chef destiné à la protéger. Elle était très soigneuse, sachant bien qu’elle n’était pas dans une situation si aisée que cela, Mason gardant en permanence les commandes. Elle prenait son temps… Jusqu’ ce que des bruits de pas attirèrent son attention. Elle fronça les sourcils, adoptant une mine soucieuse avant de sortir précipitamment du vestiaire. Ils se heurtèrent de plein fouet et une légère exclamation échappa à la jeune femme qui observa l’intrus d’un air froid. Lui semblait surpris de la voir, la dévisageant aussi rapidement qu’elle le fit avec lui. Elle eut beau fouiller dans sa mémoire, ce visage ne lui disait rien. La posture qu’elle eut se fit alors méfiante tandis que l’homme qui se trouvait devant elle se mit à balbutier quelques mots avant de réellement s’exprimer. Il s’excusa poliment avant de rapidement expliquer les raisons de sa présence. Il était à la recherche d’Apollo. Elle demeura impassible tandis que ses méninges tournaient à plein régime. Qui était-il ? Lui en revanche semblait bien informé sur elle, la plaçant en tant que propriétaire des lieux. Elle tiqua légèrement. Après tout, elle ne l’était pas vraiment…

Le silence retomba alors un instant durant lequel ils se toisèrent. Grand, plutôt bel homme… Apollo avait-il des ennuis ? Ce fut bien la première question qui traversa son esprit. Elle aurait aimé qu’il lui en parle, si tel avait été le cas, ça aurait pu éviter bien des déconvenues… Finalement, il reprit la parole et la jeune femme plissa légèrement le regard quand, de nouveau, il l’interrogea au sujet d’Apollo. Elle n’aimait pas l’expression qu’il utilisa. Mettre la main dessus. Alors elle releva le menton avec grâce et noblesse. « Et puis-je savoir qui lui demande ainsi que les raisons de cette rencontre ? Si vous semblez savoir qui je suis, je ne sais, monsieur, rien de vous. Monsieur Méliès n’a jamais parlé d’une quelconque visite à venir aussi, pour le bien de mon employé je ne serais en mesure de vous répondre que lorsque je connaîtrais vos véritables intentions, sans quoi, je vous demanderais de partir. Froide. Beaucoup la qualifiaient ainsi. Sans cœur, dure, frigide… Mais la jeune femme était également protectrice et Apollo compatit parmi les rares personnes qu’elle pouvait qualifier d’amis. Elle n’était donc pas décidée à être celle qui serait la cause d’un mal qui lui serait commis… Bien qu’elle n’avait absolument aucune idée de où pouvait-être le jeune homme…
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MessageSujet: Re: "Enchanté de vous rencontrer Mademoiselle Verger" Margot & Zaccheo Sam 12 Nov 2016 - 23:40









"Enchanté de vous rencontrer Mademoiselle Verger"

Margot φ Zaccheo

Le ton est lancé. La demoiselle décide de jouer l'aristocrate. Bien. Je dois bien admettre qu'elle m'amuse autant qu'elle m'agace. Je tique légèrement devant son air pince sans rire et finit par soulever un sourcil lorsqu'elle m'annonce vouloir connaître mes véritables intentions envers Apollo. J'ai envie de rire, mais me retient. Il faut avouer que lui expliquer que je suis là pour le voir et que ça se finira très probablement en position horizontal dans un lit et nu est quelque peu.. Gênant. Pas que j'en ai honte, seulement, ma vie sexuelle et mon orientation ainsi que ses variantes ne regarde personne et certainement pas l'employeur de mon amant. Cependant, un fin sourire se dessine sur mes lèvres. Je laisse le silence planer quelques secondes espérant que mon fou rire veuille bien me laisser tranquille. Mais je l'avoue, il m'est difficile de me retenir. Quelques petits rire m'échappe alors que je tente pourtant de rester le plus hermétique possible face à la froideur de la jeune femme. D'ailleurs, en l'observant plus longuement, c'est un véritable régale pour les yeux. Mais je ne m'attarde pas sur mes pensées, Mademoiselle Verger semble, de son côté attendre une réponde. Réponse que je lui donne après m'être raclé la gorge.

« Oui, veuillez, Mademoiselle, excuser mon impolitesse. Il est vrai que je ne me suis pas vraiment présenter comme la bienséance l'exige. Je m'appelle Zaccheo Jóhannsson, je suis professeur à la faculté de Baltimore. J'y enseigne l'art et plus exactement son histoire. Je cherche en effet vôtre palefrenier pour.. enfin, nous sommes amis et il m'avait donné rendez vous ici pour.. Enfin, nous devions nous voir ». Je m'arrête un instant, pesant le sens de mes paroles, mes mots avant de reprendre. « Je ne peux pas vous dire avec exactitudes mes intentions envers lui pour la simple et bonne raison que j'ignore à quel point vous le connaissez. Je veux dire par là que je ne sais pas si vous le connaissez de façon plus .. poussé que la simple relation employeur-employé et ainsi, je ne voudrais pas dévoiler des choses de sa vie privée. Je suis certains que vous pouvez comprendre ma position comme je comprend la vôtre. Je n'ai nullement l'intention de lui faire du tord, je souhaite simplement voir mon ami. Et qui plus est, je ne pense pas que, un employeur est cessé tout connaître de la vie de son employé. Le mien ne connaît pas ma vie et je ne connais pas la sienne. C'est très bien ainsi et c'est ce que l'on appelle le professionnalisme. Je suis sûr qu'une fois encore vous comprenez. » finis-je alors sur un ton neutre. Ni trop chaud, ni trop froid. Autrement dit, la neutralité absolue.

Nous nous regardons pendant de longues minutes. J'attends alors une réponse des plus cinglantes. Peut-être même qu'elle me mettre dehors à coup de pied aux fesses en m'interdisant formellement de m'approcher de la propriété. Au fond, je prie seulement pour que mon amant de palefrenier apparaisse tel Marraine la bonne fée au moment où Cendrillon se lamente de ne pas pouvoir aller au bal à causes de ses horribles demi-sœurs. Je regarde un peu à droite, un peu à gauche. Pas de Apollo dans les parages. Mais bon dieu, que fait-il. Pendant un instant j'ai pensé que je m'étais trompé d'heure ou de jours mais non vu que j'ai envoyé le message en premier.

« Je suis désolé de vous avoir déranger Mademoiselle verger, ce n'était pas mon intention. Je pense également avoir répondu à vos question, pouvez-vous, à votre tour, répondre à la mienne s'il vous plaît ? Je vous en serais très reconnaissant ». Nous nous toisons. Elle plus froidement encore qu'il y a quelques minutes. Sans doute que mon regard à changé aussi. Je ne supporte pas qu'on me fasse sentir inférieur. Elle a beau être une Verger, cela ne m'impressionne pas le moins du monde. Seul sa propriété m'a subjugué. Enfin, ce que Apollo m'a fait visiter. Il est vrai que c'est une très belle propriété avec un grand charme mais il semblerait alors qu'en ce qui concerne les propriétaires, les rumeurs soient fondées. Un vrais glaçon la Verger, sublime et froide !

« Oh et aussi, Apollo n'avait menti, vous êtes réellement quelqu'un de bien ! » lui dis-je enfin avec un sourire franc. Apollo m'a parlé d'elle quelque fois au cours de nos soirées. Il m'avait dit qu'elle était très belle et, malgré le glaçon visible à l'extérieur, elle était quelqu'un de bien. J'ai choisis de le croire et je pense que j'ai bien fait.

« Alors, où puis-je trouver mon ami ? » demandai-je souriant.




© Méphi.




J'ai éclaté en sanglot. J'ai un faible pour cette expression. On n'éclate jamais de faim ou de froid. En revanche, on éclate de rire ou en sanglots. Il est des sentiments qui justifient qu'on vole en éclats.
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MessageSujet: Re: "Enchanté de vous rencontrer Mademoiselle Verger" Margot & Zaccheo Lun 28 Nov 2016 - 11:26

Nice to meet you

Zacchéo & Margot

Jouer les aristocrates était une chose qui convenait plus que largement à Margot qui était, dans un certain sens, née pour cela. Nul autre ne pouvait dégager autant de classe qu’elle et nul ne semblait véritablement digne de le faire. Pourtant, ce n’était guère un jeu, davantage le fruit de protection qu’elle avait bâti autour d’elle pour mieux se protéger, préférant installer d’entrée de jeu une large distance entre elle et le reste du monde, quitte à le prendre de haut. Plus encore, la jeune Verger avait pris cette habitude avec tous les hommes qu’elle rencontrer, préférant leur paraître immédiatement inaccessible que de les laisser se créer des espoirs illusoires ou même des rêves qui l’aurait mise mal à l’aise. Les hommes sont des porcs. Quand on vit dans une famille qui abat des milliers de cochons à l’année, cette phrase avait plus de sens encore que prononcée par n’importe qui d’autre.

L’étranger se racla la gorge avant de reprendre la parole. Visiblement, il n’était pas du genre à se démonter. Margot du retenir un petit sourire, presque satisfaite de ne pas le voir plier à ses souhaits d’entrée de jeu. En appelant à son manque de bienséance, il se présenta finalement, déclinant son identité et sa profession. Zacchéo. Un prénom peu commun que la jeune femme n’avait guère eu le loisir d’entendre jusqu’alors. Il était professeur d’histoire de l’Art à Baltimore. A l’annonce d’une telle profession, Margot regretta presque de n’avoir eu le loisir de faire des études. Mieux valait la garder enfermée, bien à ‘abri de toute autre convoitise que de la laisser parcourir le monde, loin du regard « bienveillant » de son frère. Puis, il en vint à justifier les raisons de sa présence ici. Apollo lui avait, d’après lui, donné rendez-vous, à lui, son ami. Margot haussa les sourcils, partagée entre le fait d’être désabusée d’un pareil manque de justification et la curiosité.

La suite était plus risible encore car, après une courte pause, il en vint à souligner qu’il ne pouvait malheureusement aller plus loin dans ses justifications car il ignorait bien la manière dont le palefrenier et sa patronne pouvait s’entendre et quelle était la mesure de leur propre relation. Puis, petit à petit, il glissa des indices à l’oreille de Margot. Quand il se lança sur la vie privée d’Apollo, la jeune femme réunit les informations que le jeune homme avait fini par lui livrer et celle qui s’avança en premier lieu fut cette annonce étrange de sa sexualité semblable à celle de la jeune femme. Reliant les points les uns aux autres, la jeune femme ne mit guère trop de temps à comprendre que non, les intentions qu’avait Zacchéo à l’égard d’Apollo étaient certainement tout sauf mauvaises. Elle aurait pu, elle aurait pouffé de rire, au lieu de quoi son masque d’indifférence ne laissa nullement transparaître le fait qu’elle puisse avoir compris où il voulait en venir. Le personnage semblait amusant et l’écouter lui plaisait, d’autant plus qu’il avait l’audace de lui tenir tête. De quoi gagner le respect d’une jeune femme qui n’aimait pourtant pas les hommes, un peu comme Apollo l’avait fait par le passé.

Le silence retomba un instant et le jeune professeur ne savait visiblement plus trop sur quel pied danser avec cette déroutante jeune femme qui se trouvait face à lui. Elle prit une profonde inspiration avant de simplement répondre : « Je vois… » Oui, elle voyait très bien ce qui s’annonçait pour les deux hommes tout comme lui ne pouvait que penser qu’elle venait de lui accorder du crédit sur le fait que les relations entre employeurs et employé ne pouvait être celle de deux amis. Malheureusement pour lui, rien ni personne ne semblait venir lui porter secours, pas même le recherché palefrenier. Il reprit donc la parole, s’excusant du dérangement occasionné auprès de la jeune femme et affirmant avoir répondu à ses questions. « Je suis seule à pouvoir attester de la chose, me semble-t-il… » Elle jouait davantage qu’elle n’était sérieuse, plissant un peu plus les yeux cependant, comme pour appuyer ces mots durs et froids qu’elle pouvait être capable de sortir.

Et finalement, il dit quelque chose qui désarçonna grandement la jeune femme. Apollo lui avait parlé d’elle, ça, ce n’était qu’à moitié étonnant. En revanche, elle ne s’attendait pas à ce qu’il ait pu parler d’elle de manière positive et vendre l’image de cette jeune héritière désabusée autant qu’abusée et aux secrets douteux autant que bien gardés pour qui veut bien fermer les yeux. Elle fronça les sourcils, soudainement inquiète de ce que le palefrenier avait pu raconter sur son compte. Mason n’était pas là, certes, les souris dansaient en l’absence de ce terrible matou, mais cela ne valait pas non plus le coup de se mettre en danger par quelques paroles déplacées. Et finalement, le jeune homme demanda à Margot, le sourire aux lèvres, où il pourrait trouver Apollo. Elle releva le menton après un temps de réflexion. « Suivez-moi. Elle n’avait aucune idée d’où se trouvait le palefrenier, mais savait qu’il passait parfois dans les cuisines de la demeure familiale quand il terminait ses tâches. S’il ne s’y trouvait pas, il risquait fortement de s’y rendre… Et dans le pire des cas, Margot parviendrait au moins à se soustraire aux sbires de Mason qui pourraient très bien venir la chercher dans les écuries pour s’assurer qu’elle ne faisait rien de « regrettable ». Dans le fond, elle plaçait autant Zacchéo et Apollo en sureté qu’elle-même en agissant de la sorte.

Menant le grand professeur de l’université de Baltimore dans les couloirs, ils atteignirent rapidement les cuisines, vides à cette heure-ci – mais aussi par l’absence de Mason qui était bien souvent synonyme de congés pour bien des salariés de la maison. La jeune femme désigna une chaise au professeur. « Je n’ai aucune idée d’où se trouve Apollo. Mais plutôt que de vadrouiller dans l’inconnu sur cette propriété que vous ne connaissez pas ou peu, mieux vaut pour vous que vous attendiez ici, croyez-moi. » Elle ouvrit un placard et en sortit de grandes tasses. « J’espère que vous saurez m’excuser cet interrogatoire, mais même si Apollo n’est qu’un employé, sa sécurité m’importe surtout si elle devait être compromise sur la propriété de ma famille. N’y voyait que de la bienveillance, rien de plus. Thé ? Café ? » Elle attendit d’avoir la réponse du jeune homme tout en mettant de l’eau à chauffer dans une bouilloire. Une héritière qui vous sert à boire, ça n’arrive pas tous les jours, d’autant plus que la cuisine, en plus d’être grande, avait quelque chose d’ancien qui la rendait presque précieuse. « En tous cas, je dois avouer que vous faîtes bonne impression dès la première rencontre, monsieur Johansson. »
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