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 There are things I have done.

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PUS
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MessageSujet: There are things I have done. Mar 21 Mar 2017 - 21:05

There's a beast and I let it run. Now it's running my way.
Azadret Betuis & Declan C. Flanders.


Des coups, encore et encore et encore. Des paroles aussi blessantes et tranchantes que des lames de rasoir. Declan avait pris un couteau et l'avait planté dans son cœur. Une horrible douleur, une horrible souffrance. « Tu n'es qu'une ombre.. ». Azadret était une ombre, une personne effacée. Un nuage presque transparent parmi tant d'autre. Au sol, il s'était replié sur lui même alors que les coups tombaient sur son corps frêle, une poupée de chiffon. Un flocon de glace qui, au moindre touché, se brisaient en mille morceaux. Declan avait pris son âme et l'avait balancée contre un mur, encore et encore avant de la brûler. C'était ainsi qu'il se sentait. Chaque parties de son corps le faisaient souffrir. Son dealer était parti lui aussi. Il avait assisté à la scène et était parti comme un lâche. Le tatoué renifla plusieurs fois en se tenant les cotes. A l'aide du mur, il se redressa, ses jambes étaient tremblantes, instables. C'est dans cet état qu'il reprit le chemin vers sa maison, son appartement piteux. Une fois la porte close, il partit s'allonger dans son lit. Laissant son pochon dans sa veste sans y toucher. Il resta la journée entière dans son lit alors que l'adrénaline n'était toujours pas redescendue.

La journée passa, la nuit aussi. Le lendemain, Azadret avait pansé ses blessures et avait couvert à nouveau ses coupures sur ses avant-bras. Il s'était rendu en centre ville, le jeune homme avait décidé d'ouvrir à nouveau son salon de tatouages. Beaucoup de lettres, beaucoup de mails. Le tatoué avait passé deux heures à y répondre et classa les dessins de tatouage et appela ses clients afin de placer un rendez-vous. Le silence était pesant. A ce moment même, un client entra dans la pièce, il sourit et se leva pour aller à sa rencontre. Il le fit s'installer avant d'aller préparé les aiguilles, les couleurs, l'encre ainsi que des mouchoirs, du désinfectant et tout cela sur la même petite table noir, en plastique avec les roulettes. Azadret désinfecta la peau avant de commencer, il dessinait sur la peau de son client. C'était différent. Cet homme, cela faisait depuis l'ouverture du salon qu'il venait et un jour il lui avait promis de le laisser le tatouer ce qu'il voulait. Azadret souriait faiblement.

Son client lui avait demandé d'où venait le bleu de sa joue, le jeune homme ne sut quoi répondre et balbutia comme quoi il était tombé en rangeant les commandes d'encre. Mais son client n'était pas con. Loin de là. Le tatoué continuait de lui parler. Il en apprenait d'avantage. Son client avait vu la scène la veille, il connaissait Declan, sous l'apparence du fleuriste. Il avait prévu d'aller en parler à la police. Ce même adrénaline le prit. Souriant, Azadret se leva et s'excusa avant de disparaître de la pièce. Il devait aller « au toilette ». Midi. C'était tout à fait normal pour les boutiques de se fermer. Alors Azadret retourna le panneau afin qu'elle soit fermée et clos sa porte deux tours. Il partit prendre son couteau, sous le bureau et le mit dans sa poche. Les mains moites, il partit aux toilettes se laver les mains puis retourna dans la pièce, souriant à son client. Continuant son dessin, il finit par relever les six aiguilles de remplissage. Puis, dans une pulsion, il planta ses aiguilles dans son dos avant de saisir son couteau et le poignarda à plusieurs reprises. Dix, onze, douze fois. Le sang jaillissait de partout. Azadret, en panique, prit son téléphone et composa le premier numéro qu'il avait en tête. Declan.

« D-D-Declan ! Je.. Un homme.. Il.. Il t'avait vu.. Il.. Hier matin.. Avec moi.. Il.. Il voulait parler.. Azadret riait en pleurant. Je.. Je crois qu'il.. Qu'il est mort.. T'es bien mort, hein ? Demanda-t-il au cadavre. Je.. J'crois qu'il l'est.. Il a pas répondu ahah.. »

Azadret était assis en tailleur, dans une flaque de sang. Ce liquide rouge sur les mains, sur son visage. Un sourire ainsi qu'un rire aux lèvres.





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ETR
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MessageSujet: Re: There are things I have done. Sam 25 Mar 2017 - 22:59




There are things I have done.
Azadret Betuis et Declan C. Flanders




Un sommeil réparateur emplissait les yeux et les rêves de Declan. Il rêvait. D’un endroit calme, d’un petit lieu avec de nombreuses fleurs. Cela aurait pu ressembler à sa boutique. Mais le ciel n’était pas masqué d’un toit ou d’une quelconque fenêtre, le soleil caressait son visage et la pluie. O quelle pluie ! Il l’appréciait. Elle tombait sans le toucher, passant autour de lui, tombant sur ces centaines de millier de fleurs sans les briser. Elle les caressait, les choyait tendrement et lui, le Declan spectateur de son propre rêve appréciait le spectacle. Un léger sourire apparu sur ses lèvres et il la regarda, elle, belle…

Ring

Sonnerie le sortant de ses rêves dans un grognement frustré. Il aurait voulu continuer à la voir. Un soupire, une frustration, un écho. Il laisse sonner encore une fois, redressant la tête de son oreiller. Il hésite, avant de prendre le téléphone, reposant la tête dans son oreiller. Il n’y aurait qu’un de ses amis proches pour l’appeler aussi tard.
Mais ce n’est pas le cas. Pas vraiment, et il écoute ce bruit hystérique raisonner dans ses oreilles. Qu’a-t-il fait ? Il semble paniqué, perdu, fou. Une douleur emplie sa voix et il la perçoit à travers le combiné. Declan n’a pas peur pour lui, pas vraiment. Il a peur pour sa propre personne. Azadret vient de tuer un homme. Ou peut être est-il encore dans l’une de ses crises ? Peut être, certainement. Au cas où, Declan prend quelques affaires dont il aura certainement besoin. Puis, il se met en route.



La nuit est calme et les gens dorment. Ce n’est pas un quartier très fréquenté, ce n’est pas un bon quartier. Declan gare sa voiture un peu plus loin, pour ne pas qu’on le remarque. Il reprend son chemin et entre dans la boutique sans une hésitation. L’arrière donne sur un petit corridor, qu’il suit jusqu’à la boutique même. Il doit être là bas. Le fleuriste perçoit quelques bruits. Attentif, il vérifie que personne ne vient, que personne n’est déjà là, sinon le tatoueur. Il vérifie aussi que ce n’est pas un espèce de piège désespéré pour le faire revenir. Mais l’odeur du sang est bien là. Acre et douce à la fois, comme une symphonie qui emplie ses narines. Assez étrangement, il aime cette odeur.
Il suit son chemin jusqu’à la dernière pièce. Les autres sont vides. Et il observe. Azadret, petit garçon blessé, se complaisant presque dans son malheur, étant, presque, satisfait de se trouver malheureux, d’avoir quelqu’un qui a chaque fois reviendra pour le « sauver ». Et il faut que cela cesse. Declan met alors son plan à exécution.

Ses pieds tracent leurs chemins dans la flaque de sang répandue sur le sol, il attrape le jeune homme par le col, le relève, le maitenant en l’air. Il semble à peine conscient et s’il se débat, Declan ne le voit pas. Sa rage est trop forte et sa colère trop intense. Il le plaque contre lui, sans un mot, sans une parole réconfortante ou une étrange félicitation. Il n’y a point de vertu à tuer les hommes qui n’ont rien fait. Les voir était insuffisant, ce meurtre est au delà des compétences de Declan. Il le sait. Il prend donc de nouvelles dispositions et fait entrer cela dans son domaine. Attrapant le jeune homme par la gorge, il l’étouffe de son bras. 1, 2, 3, 4… 10. Il relâche. La pression dans le corps du jeune homme est descendue trop bas, il s’est évanoui. Declan regarde de nouveau autour de lui. Encore un problème à régler. Il s’en occupera après. Pour le moment, il se charge de faire sortir Azadret et le transporte jusqu’à sa voiture, enveloppé dans une couverture qui cache son visage. Celui de Declan est masqué par sa capuche. Il pose le garçon dans sa voiture, lui laissant un peu de repose puisque les prochains mots qu’il entendra, du fond d’un haut-parleur crasseux déformant toute sa voix sera un :

« Betuis, levez-vous. »






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PUS
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MessageSujet: Re: There are things I have done. Sam 25 Mar 2017 - 23:56

Hate becomes our new anthem
Azadret Betuis & Declan C. Flanders.


Azadret ne s'attendait pas à cela. Il s'attendait à tout sauf cela. Il pensait que Declan allait venir, le prendre dans ses bras, qu'il allait le porter jusqu'aux canapés. Il pensait qu'il allait prendre une serviette et, avec un peu d'eau, lui essuyer ses mains ensanglantées ainsi que son visage. Puis, qu'il allait retourner sur la scène de crime nettoyer le tout, tout en revenant de temps en temps afin de surveiller l'état du plus jeune, avec ce même regard inquiet. Une fois fini, Declan allait le porter jusqu'à la voiture et le ramènerait tranquillement. Sauf que la réalité était malheureusement différente.

Le jeune homme avait entendu les bruits. Du claquement de porte, jusqu'aux pas sur le carrelage. Aucun son n'avait pu être discret. Son regard déviait de la porte jusqu'au cadavre. L'homme, son fidèle client. La porte grinça, ce même regard fou de rage. Il se sentit soulever par le col puis collé contre son torse. Azadret avait pris ça pour un câlin, du réconfort. Il avait naïvement enroulé ses bras autour de son hanches, se cachant dans ces derniers. Mais son bras contre sa gorge le fit douter. En l'air, s'étouffant, il essayait de bouger dans tous les sens, griffant sa peau par dessus son pull alors que ses jambes bougeaient. Son cœur s'emballait alors que sa vision se troublait. Il paniquait, bougeant un peu plus, perdant le peu d'oxygène qui lui restait. Puis les ténèbres.

Un grésillement. Un grésillement horrible qui lui avait agressé les tympans. Il s'était réveillé doucement et s'était levé tout en frottant ses yeux. Une fois à travers un haut parleur.. Quoi ? Mais où était-il ? Il ouvrit ses iris et le blanc de la pièce lui détruit les yeux. Un lit blanc, à même le sol. Les coins du lit était arrondit et le tout – sauf le matelas et les draps – était en plastique blanc. Les murs étaient blancs. Le sol était blanc. Pas une table. Pas un livre. Même les caméras de surveillance étaient blanches. Les lumière aussi ainsi que les hauts parleurs. Il baissa les yeux vers la toilette. Elle était en plastique blanc. Tout était blanc. Même ses vêtements. Une blouse blanche d'hôpital. Cette odeur qui lui venait au nez.. Cette odeur de désinfectant.. De sain, de propre.. De trop propre. Du bruit à travers la porte, Azadret se dirigea vers cette dernière. Il frappait à grands coups à cette dernière, quitte à se faire du mal. Il hurlait qu'on vienne, qu'on le sauve, il hurlait qu'il n'avait rien à faire ici, qu'il était parfaitement normal, que tout allait bien, qu'ils avaient dû se tromper. Que tout cela n'était qu'une horrible mascarade. Comprenant que personne ne viendrait, Il reculait en passant ses mains dans ses cheveux, tirant dessus pas moment alors qu'il levait les yeux par moment vers la caméra. Il se dirigea vers la toilette et remonta timidement sa blouse après avoir craché un :

« Eh, le pervers qui regarde ma chambre, détourne le regard, j'aimerais pisser. »

Chose dite, chose faite. Il tira la chasse d'eau avant de retourner vers la porte de sa chambre. Il s'assit en tailleur sur le sol tandis qu'il avait remarqué une trappe assez fine mais assez grand pour pouvoir y glisser un plateau repas. Azadret donnait de gros coups dedans, dans l'espoir de la casser afin d'y glisser son bras trop fin. Le jeune homme n'abandonnait pas, il hurlait qu'on l'aide, qu'on le sauve. Il était sûr de pouvoir s'en sortir. Quitte à casser les murs, quitte à se casser les doigts, il continuait de frapper dans le plastique de la porte
.





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MessageSujet: Re: There are things I have done. Mer 29 Mar 2017 - 10:42




There are things I have done.
Azadret Betuis et Declan C. Flanders





S’ il y avait bien une chose que Declan détestait, c’était faire du ménage. Il avait déposé Azadret dans une des pièces du vieil entrepôt, un peu à la sortie de Baltimore. C’était un vieil endroit à l’allure décharnée et à l’intérieur effrayant, si effrayant que même les plus alcoolisés des jeunes ou les plus drogués n’osaient plus y descendre. On disait qu’il y avait eu des meurtres au sous-sol. Ce n’était pas faux. En réalité, les allures banales de vieil abattoir avaient constitué un jeu de pistes pour l’une des victimes du gentil fleuriste quelques années plus tôt. La majorité des éclats de verres pilés, des tortures psychologiques, des lumières et des hauts parleurs avaient été retiré. Restait seulement cette chambre, comme celle d’un hôpital, à l’abris des regards, caché derrière une double porte, elle-même au bout d’un couloir où pendaient encore quelques crochets de boucher, et d’un sous-sol auquel seuls les plus fous avaient accès. Azadret ne pourrait pas en sortir avant un moment, du moins, même s’il trouvait le moyen de passer la première porte, assez de temps pour que Declan termine son ménage.

Bien sûr, quelque part au fond de lui, il s’était demandé s’il ne devait pas laissé le corps là où il était puis voir la réaction d’Azadret devant les conséquences possibles, comment il se débrouillerait, comment il assumerait ses actes. Mais une autre partie de lui était plus rationnelle, moins colérique que la première et remporta la partie. Azadret mettrait un moment avant d’en terminer avec les drogues. Le corps pourrirait en attendant et empesterait assez pour que les voisins s’inquiètent. Bref, Declan devait faire un peu de ménage. Cependant, il ne comptait pas délaisser la première part de lui et trouver en cela l’opportunité d’avoir une main mise sur le tatoueur.
Chaque instrument fut passer au nettoyage, produits d’entretiens et eau de javel supprimèrent toute odeur au lieu et le corps fut placer devant la porte arrière de la boutique en plein milieu de la nuit, une fois tous les volets fermés et l’assurance qu’il n’y avait pas de caméra. Cela laisser un peu de conséquences pour Azadret mais pas assez pour qu’il soit accusé d’un meurtre, très peu pour lui. Un bon compromis.



P anneau de la boutique de tatouage retourné, le corps laissé sous une pluie battante qui effacerait les traces et un message laissé sur la page Facebook du tatoueur, prévenant de son absence dans les prochaines semaines pour « raison personnelle », dans laquelle Declan avait habilement falsifié l’heure, l’intrus se retourna vers son travail et son projet futur.
Finalement, ce fut une fois dans sa voiture qu’il se rendit compte du réveil de son protégé. Il prit son téléphone et observa un peu les réactions du jeune homme avant de prononcer quelques mots, puis, de le laisser faire ses allers et venues dans la pièce, gratter, crier, demander d’aller « pisser », puis recommencé son manège encore quelques dizaines de minutes. Le portable fut clos et jeter sur le siège passager alors que Declan conduisait jusqu’à une vieille décharge d’une autre ville dans laquelle il balança le contenu de son véhicule ayant servi au ménage ainsi que les gants qu’il avait enfilé pour entrer chez Azadret.
Un détour par chez lui, il changea de vêtements et prit ses dispositions pour passer la nuit dans la pièce voisine de celle où était enfermé le jeune homme. Un jeune homme qui semblait un peu épuisé mais au moins réagissait. C’était à peu près tout ce qu’il attendait. Une réaction.



A ssis sur un amas de couverture, devant l’écran dévoilant la pièce voisine et un autre, sur lequel le fleuriste préparait ses prochaines journées, il jeta quelques coups d’œil au premier écran. Tout semblait calme, en apparence et cela faisait assez d’heures de vides pour la pièce blanche. Declan enfila une blouse blanche, couvrit ses mains de gant plastique et son visage d’un masque en papier, assez épais pour déformer sa voix. Il disposa sur une assiette en carton la nourriture qu’il avait amené puis un peu d’eau dans un verre de la même matière. Une cuillère fut disposée sur l’assiette sur le mélange de riz et de légumes un peu rougeâtre.
Declan disposa le tout sur un plateau mais une fois devant la petite ouverture de la porte, décida de ne passer que l’assiette en carton, puis le verre. Il ne prenait pas le risque qu’Azadret prenne le plateau, le brise et se serve d’un bout pour mettre fin à ses jours. Ce serait trop idiot et si Declan pensait les tueurs comme irrattrapable, il aurait dû mettre fin à ses jours depuis bien longtemps.

« Repas, Betuis. Mangez puis repassez l’assiette et la cuillère sous la trappe.Vous pouvez garder le verre. »

Ainsi, la trappe fut ouverte, l’assiette passée et Declan se posta derrière, assit en tailleur à même le sol de ce petit corridor aussi blanc que la chambre derrière, attendant que le jeune homme renvoie l’assiette. C’était le premier test, s’il voulait survivre, il mangerait, ne se laisserait pas mourir de faim. S’il voulait vivre, il le ferait suivant les règles que Declan imposerait.





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MessageSujet: Re: There are things I have done. Sam 8 Avr 2017 - 15:42

If I lay here. If I just lay here..
Azadret Betuis & Declan C. Flanders.


Azadret avait fini par s'asseoir au milileu de la pièce, la tête dans ses bras. Il avait bu un peu d'eau avant de poser le verre en mousse non loin de lui tandis qu'il n'avait pas touché à l'assiette de riz. Il s'était même éloigné d'elle, une peur. Tandis que le silence régnait dans la pièce, Betuis regardait tout autour de lui. Quand l'assiette était passé de l'autre côté, dans sa chambre, il avait vu de la vie. Une personne était là, à s'occuper de lui. Enfin.. « S'occuper », c'était vite dit. Surtout le torturer.


Betuis se griffait, se mordait les bras encore et encore et encore alors que des bleus se formaient sur ses mains, sur ses doigts douloureux suite aux différents coups qu'il avait donné dans les murs, dans les portes précédement. Il mordillait sa lèvre nerveusement avant de s'approcher de son assiette de riz. Le tatoué la saisi avant de commencer à déplacer le riz afin de faire certaines formes. Un sourire ainsi qu'un coeur. Chose faite, il finit par saisir un grain de riz entre son pouce et son index puis l'observa longuement avant de le poser sur sa langue. Il machait. Encore. Et encore. Azadret ne voulait pas l'avaler, surtout pas. Mais il le fit. Il se força mais son corps le refusa et se retrouva avec des nausées assez violentes, inconfortables. Le tatoué grava sur l'assiette en carton, avec ses ongles, qu'il en avait mangé un. Un seul et unique grain de riz. Laissant le coeur et le sourire sur l'assiette, il glissa l'assiette ainsi que la cuillère propre sous la porte, toujours dans un silence des plus total.


La fatigue le prenait. Il ne savait même pas quel jour il était, quelle heure, combien de temps il était là. Aucune notion. Pas de soleil, rien. L'Horizon lui manquait. Le dessin lui manquait. Les fleurs lui manquaient. Le contact du vent sur sa peau lui manquait. La musique lui manquait. Azadret se mit à bailler avant de se lever et se dirigea vers son lit, sans rien dire, sans broncher, et se coucha. La tête sous les draps, il se cachait de la lumière avant de fermer les yeux. La nuit risquait d'être longue.


Tard dans la nuit, ou bien même dans la matiné, dans l'après-midi, peut-être même dans la soirée, Azadret s'était réveillé en sursaut, en sueur, en larme, les yeux vitreux, gorgés de sang. Ce même mal de crâne l'avait pris. Il se tenait la tête entre ses mains, recommençant à s'arracher les cheveux tandis qu'il poussa un hurlement. Un long hurlement. Un pire encore que le premier dans son salon de tatouage. Il avait mal, il souffrait. Mais cette fois-ci, Azadret était abandonné à lui même. Griffant à nouveau sa peau avec plus de sauvagerie, quitte à saigner, il cherchait à punir son corps de lui faire subir cela. Il cherchait à se punir lui même de sa situation actuelle. Tout était de sa faute. S'envoyant la tête dans le mur, il voulait détruire cette douleur, cet espèce de cancer qui le rongeait de l'intérieur. C'est alors que les mots de Declan prirent son sens.. :


« Cette personne pourrait aussi être toi et dans quelques années, dans quelques mois, quand tu essayeras d’en terminer avec cela, tu voudras en crever tellement ce sera douloureux.»


Le sang sur ses mains, il sentait comme cette douleur partir, mais elle fut bien vite remplacée par une autre. Des brulures. Recroquevillé sur lui même contre le mur, il tachait sa blouse de ce liquide rougeâtre. Azadret se tourna vers le mur avant de tracer un trait sur le mur avec ce même sang. Premier jour qu'il était là. A genoux au sol, il tourna son regard vers la caméra puis vers la porte de sa chambre appréhendant si la personne le regardait ou non.






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MessageSujet: Re: There are things I have done. Sam 8 Avr 2017 - 22:54




There are things I have done.
Azadret Betuis et Declan C. Flanders





L’ ennui. Si Declan devait définir le rythme de sa journée, ce serait avec l’ennui. Il attendait, encore, que son suppliant termine son repas, toujours assit derrière la porte close et les yeux rivés sur la deuxième porte désormais close. En réalité, son esprit n’était pas totalement vide. Comment pourrait-il ne pas penser alors que le garçon rageait dans sa cellule, comme une bête en cage ? Il le laissait faire. C’était cet instinct qu’il souhaitait réveiller, celui de l’animal qui ne se jettera jamais dans flammes en y laissant sa vie. L’amour de soi.
Mais Declan se devait de se distraire. Quelque part, il ne comprenait pas pourquoi les gens autour de lui cherchaient impérativement à sauver les faibles. S’il s’était attaché au gamin, c’est qu’il dvait posséder cette force, quelque part. Il lui fallait juste un peu d’aide pour le révéler.



S’ ennuyant bien lacement, les idées de Declan avait fini par se tourner vers la musique. Depuis quelques semaines, il s’était passionné pour cette musique sortant des entrailles d’un orgue, le cœur d’une contrebasse, la tendre souplesse d’un violon ou les notes piquante de quelques flûtes enchantées. Cependant, il semblait avoir quelques difficultés. Dans ses pensées, il ne percevait ni une partition, ni les instruments mais des nuances de couleurs et de pétales, de matières scintillantes à en être repoussantes ou douces et réconfortantes. Dans ses pensées, la musique n’était qu’un amas de fleurs et de substances aphrodisiaques. Il ferma les yeux pendant un temps, s’imaginant chacune des fleurs pour chacune des notes.
Puis l’assiette revient, toujours pleine sous la trappe. Son morbide raclement le sortit de sa contemplation et il en regarda le contenu. Azadret était définitivement un gosse quelque peu amusant. Un cœur et un sourire étaient tracés avec la nourriture. Declan en sourit légèrement avant d’apercevoir dans un coin de l’assiette une petite marque. Un trait, légèrement tremblant, peu sûr de lui. C’était… perturbant. Surtout de ne pas savoir ce que le jeune homme comptait. Certainement les assiettes qui passaient dans sa cellule. Qu’importe. Le fleuriste reprit l’assiette et la cuillère.

« Si tu as encore faim, contente toi d’appeler » le prévient-il avant de s’en aller dans sa tour d’ivoire.



C ar il était bien là le maitre, coincé dans un ennui mortel qui le fit poser ses pieds sur la table, les yeux rivés sur la caméra alors qu’il observait le jeune homme. Mais il ne se passait rien. C’était d’un mortel ennui, si bien que Declan, aussi ennuyé que possible, s’endormi plus paisiblement qu’il ne serait possible d’y croire. Il cessa tout mouvement, une légère respiration s’échappa de ses lèvres entrouvertes et les muscles de ses mains cessèrent de pianoter. Il ne se réveilla qu’aux cris de son détenu et l’observa. Une minute, peut être deux. Son prisonnier hurlait et lui restait stoïque, bien mal réveillé.
Un hurlement, rien de plus mais pour Declan, c’était déjà une preuve de vie, une preuve qu’il était bien là, qu’il souhaitait plus ou moins s’en sortir. Après tout, le cri est l’acte le plus puissant de l’homme, le seul qui prouve réellement un besoin. Azadret n’était que comme cet enfant qui vient de naitre, cet enfant qui réclame et qui désire, cet enfant qui ne souhaite que la satisfaction et se prend à hurler. Puis, tout s’arrêta. L’enfant se calma, resta stoïque une seconde, puis sa tête vola contre le mur, s’écrasant brutalement et faisant trembler le mir derrière lui. Ce n’était que la première tortures, avant quelques griffures sauvages, quelques douleurs de plus. Et Declan en restait seulement impassible, fasciné par la tristesse de ce comportement.
Enfin, tout s’arrêta, comme si le détenu cherchait quelque chose dans son esprit. Il restait là, sur le sol, Declan assit sur sa chaise, son doigt caressant le bouton de l’interphone. Tout résidait en l’attente et il se laissa fixer à travers la caméra, dans le reflet des yeux d’Azadret. Il ne pouvait savoir que c’était lui, alors le fleuriste replaça le masque sur son visage, son doigt enfonçant le bouton rouge tel celui d’une arme atomique.

« Dis-moi, Azadret, souhaites-tu vivre comme un homme ou périr comme un chien ? »



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