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 If I wasn't here tomorrow would anybody care ? || Zaccheo. ♥

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ETR
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MessageSujet: If I wasn't here tomorrow would anybody care ? || Zaccheo. ♥ Jeu 7 Juil 2016 - 23:39

Zaccheo & Alice




La fumée se répandait dans l'air comme une traînée de poudre blanche dans le ciel nocturne. La senteur du bois brûlé se dissipait lentement, balayé par une douce brise. Appuyée contre la rambarde d'un balcon, Alice regardait les étoiles apparaître les unes après les autres. Au loin, le feu continuait à consumer la maison qu'il avait prit en otage. Les gyrophares des urgences, dans l'obscurité, projetaient sur les ombres paisibles d'étranges couleurs orangées. L'écho des sirènes se perdaient dans les rues presque désertes d'un soir d'été.
Un instant, la jeune femme ferma les yeux avant d'écraser la cigarette qu'elle tenait entre son index et son majeur, puis rentra dans la chaleur étouffante de l'appartement. Son amante, endormie dans les draps défaits, semblait se reposer d'un sommeil paisible ; pour un peu, Alice l'aurait presque enviée. Cela faisait quelques jours que les deux femmes se fréquentaient dans le même bar, deux jours qu'elles parlaient, échangeaient. Alice espérait que sa partenaire d'un soir n'avait pas eu le temps de s'attacher : quoi de plus ennuyeux que des sentiments qui revenaient à la charge, sans cesse. Alice ignorait si elle-même possédait encore ces mécanismes d'humanité. Ne l'avait-elle pas perdu en retirant la vie d'un homme, d'une simple balle, d'une simple pression, tout ça pour de l'argent ? Sans bruit, elle attrapa ses affaires et sortit dans la rue. Ses yeux bruns tombèrent sur la montre accrochée à son poignet. Il était encore tôt. Assez tôt pour qu'elle s'autorise une petite virée dans un bar. Pas longtemps. Juste pour se changer les idées. Un petit verre, peut-être, et une belle bouche à dérober ; un moyen comme un autre de se sentir vivant.

D'un pas léger, Alice prit donc la direction du « Bistrot... », oubliant la maison, oubliant le feu, oubliant son amante. Elle poussa les portes battantes. L'ambiance y était chaleureuse, conviviale, sympathique. La jeune femme laissa naître sur ses lèvres un sourire enjoué et, sans attendre davantage, se mêla à la foule rassemblée. Quelques uns buvaient,, solitaires, au comptoir. D'autres, en groupe, riaient à gorge déployée.
Son regard détailla brièvement chacun des corps et des visages présents ; deux hommes regardaient la télévision dans un coin de la salle, prenant sûrement les paris d'un jeu quelconque. Une femme, au téléphone, riait bruyamment sur la gauche, les jambes croisés, un verre vide devant elle. Quelques jeunes partageaient deux tables et échangeaient vivement sur divers sujets. Son choix s'arrêta sur un homme, seul aux traits sûrement un peu tirés, l'air maussade. Ce fut l'imperceptible lueur qu'elle crut discerner dans son regard qui acheva de la convaincre : un homme brisé.

Alice s'assit souplement à ses côtés, froissant le tissu de sa robe noire. Elle commanda un simple cocktails et garda un instant le silence, pensive. Le barman, maigre à l'excès, semblait un peu novice. Un nouveau à l'essai, sans doute. Finalement, elle tourna la tête dans la direction de l'homme qu'elle avait choisi pour finir sa soirée, d'une manière ou d'une autre, tentant une approche quelconque :

« Chaude soirée. » sa voix se répercuta contre le bruit ambiant, ne paraissant, sans doute, que murmure. « La bière seule n'est-elle pas trop amère ? »
Amère comme votre visage, comme mon sourire, songea la jeune femme sans pour autant formuler ses pensées à voix haute. Elle détaille une fois de plus son interlocuteur qui n'avait pas l'air d'humeur badine.

« Un feu a été déclaré non loin d'ici... C'est étrange, des vies, comme ça qui peuvent disparaître d'une braise, et finir en poussière... Vous n'avez pas l'air très loquace, vous. Des problèmes à noyer ? »
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PUS
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MessageSujet: Re: If I wasn't here tomorrow would anybody care ? || Zaccheo. ♥ Ven 8 Juil 2016 - 17:37









" If I wasn't here tomorrow would anybody care ?"

Alice φ Zaccheo

J'ai eu du mal à obtenir l'attention de mes étudiants pendant ces trois longues heures de cours. Je ne sais pas si c'est parce qu'il fait chaud dans les amphithéâtres et que la climatisation est en panne mais ils étaient particulièrement agités cet après-midi. J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour pouvoir clore mon dernier chapitre sur Michel-Ange. Et pourtant, c'était un homme passionnant. Enfin, il semblerait que mes élèves ne soient pas tout à fait de cet avis. Après leur avoir annoncé un test et ramassé leurs copies, je les ai libéré non sans pousser un lourd soupire de soulagement. La journée est enfin terminée.

Après avoir ramassé toutes mes affaires disposées en désordres sur la chair, j'éteins et quitte l’amphithéâtre. Quelques mètres plus tard, je tombe sur un de mes collègues. Un homme d'une cinquantaine d'années, un peu bedonnant avec une moustache grisâtre très fournie. Il me retient par ses bavardages incessants alors qu'il ne me tarde qu'une chose. Rejoindre ma voiture. Il est presque dix-huit heures quinze lorsque enfin j'arrive à celle-ci. Je m'y glisse, pose mes affaires sur le siège passager puis ferme les yeux quelques secondes plus tard dans l'espoir de me relaxer. Je finis par m'endormir. Je rêve, je vois ma femme. Oh, Miléna, si tu savais à quel point tu me manques. Puis cet horrible accident. Je ne cesse de le revoir. Pourquoi n'étais-je pas avec toi ce soir là ?

Je me réveille en sursaut, couvert de sueur, haletant. Je porte mes mains à mon visage, tente de refouler les larmes qui menace d’inonder mon visage, mais en vain. J'éclate en sanglot et je sens, une fois encore ce coup de poignard s'enfoncer dans mon cœur déjà meurtri. J'attends de me calmer et finalement je décide de passer par l'hôtel et de prendre une douche. Ce soir, je vais noyer mon chagrin dans l'alcool.

Lorsque j'entre dans le bar, Joe, le barman me salue avant de me dire : « comme d'habitude je suppose ? ». Je hoche la tête et pars m'asseoir à la même table que d'habitude. Celle qui est le plus reculée. Joe m'amène ma bière. Je le remercie et il repart sans m'avoir adressé une parole. Il a essayé les quinze premières fois où je suis venu mais à chaque fois, je me suis contenté du stricte minimum. Je n'ai pas envie de faire ami-ami avec lui, ni avec personne. Je promène mon regard autour de moi. J'aperçois des hommes, des femmes mais rien ne retient particulièrement mon attention. Rien, personne. Sauf cette femme qui, quelques instant plus tard entre dans le bar alors que nous entendons quelqu'un dire qu'un incendie se serait déclaré à quelques rues d'ici. Je n'y porte aucun intérêt. Rien ne m'intéresse.

Dans mon cerveau tourne et retourne les images de mon rêve. Le visage de ma femme m'apparaît, souriant, tendre. Elle est si belle. Était si belle. J'ai d'ailleurs toujours du mal à réaliser qu'elle n'est plus là et que jamais plus je ne pourrais sentir son odeur et la chaleur de son corps. Je serre les poings, m'interdisant de pleurer ici, en public. Je relève la tête quelques secondes et croise involontairement le regard de cette belle brune. Je baisse la tête tentant de dissimuler mon état.

Cependant, la jeune femme semble avoir jeter son dévolu sur moi. Moi le solitaire aigri vivant dans sa voiture. Elle s'installe à mes côtés et commande à Joe un cocktail avant de tourner la tête vers moi et d'engager la conversation.

« Chaude soirée. La bière seule n'est-elle pas trop amère ? » me dit-elle alors que sa voix est étouffée par les bruits. Je décide de ne pas lui répondre et finalement j'avale une gorgée de ma bière qui, entre temps, est devenu tiède. Je grimace et la brune continue de parler. « Un feu a été déclaré non loin d'ici... C'est étrange, des vies, comme ça qui peuvent disparaître d'une braise, et finir en poussière... Vous n'avez pas l'air très loquace, vous. Des problèmes à noyer ? ». Je soupire, ne va-t-elle pas se taire et me laisser seul avec mes souvenirs. Et d'ailleurs, elle a extrêment mal choisit son jour pour me faire un cours philosophique sur la condition humaine et sa capacité hors norme pour retourner à l'état de poussière.

« Exactement, en revanche je suppose que jolie comme vous êtes vous n'aurez pas de mal à trouver une meilleure compagnie. » lui dis-je espérant que la brune détectera mon agacement et mon envie de rester seul. Mais il n'en n'est rien. Elle reste là, assise dans sa belle robe noire. Mais aussi séduisante soit-elle, le verre de rhum que je viens de commander au barman me paraît une bien meilleure distraction.

Miléna, pourquoi as-tu voulu me rejoindre ce soir là...

Je regarde la jeune femme, fait un effort pour lui sourire avant de vider le contenu de mon verre cul-sec afin d'en recommander un autre. C'est ainsi que les verres ont commencé à s’enchaîner. Je sens Joe de plus en plus réticent à me servir, il tente même de me faire entendre raison :
  « Zacch, tu devrais arrêter là. Sinon, tu seras incapable de rejoindre ta voiture. Si ce n'est pas déjà le cas d'ailleurs ». Mais je l'ignore. Tout comme j'ignore la femme assise à mes côtés. Je cherche juste à noyer mon chagrin dans l'alcool et oublier ne serait-ce qu'une seconde que j'ai perdu ma femme il y a un an jour pour jour.





© Méphi.




J'ai éclaté en sanglot. J'ai un faible pour cette expression. On n'éclate jamais de faim ou de froid. En revanche, on éclate de rire ou en sanglots. Il est des sentiments qui justifient qu'on vole en éclats.
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MessageSujet: Re: If I wasn't here tomorrow would anybody care ? || Zaccheo. ♥ Sam 16 Juil 2016 - 0:17

Zaccheo & Alice




Alice s'y attendait, son interlocuteur n'avait qu'une envie : noyer ses sombres pensées dans l'alcool. Elle poussa un léger soupir et s'accouda au rebord du comptoir, sans le quitter des yeux. Elle ne comptait pas insister lourdement s'il ne souhaitait pas discuter, pourtant quelque chose en lui l'attirait. Pas de manière physique. Pas forcément. Une simple... Sensation. Curieuse, elle le fixait de ses grands yeux bruns cerclés de verts, attentive au moindre de ses mouvements, observant chacune de ses mimiques. Quel sombre personnage, presque digne d'un roman de gare. Etait-il policier ? Détective ? Cela aurait été le clou du spectacle, songea-t-elle non sans ironie. Peut-être chômeur à la recherche d'un quelconque réconfort. Réconfort trouvé au fond d'un verre, au sein d'une piteuse boisson. Sa femme l'avait peut-être mis à la porte, peut-être logeait-il à présent dans l'un de ces motel insalubre, comme l'on pouvait en voir dans les films noirs du dimanche après-midi.
Un léger sourire s'empara des lèvres d'Alice ; son vif esprit se mettait en marche, imaginant toutes sortes de scénarios, de plus en plus sordides. Cela faisait quelques mois, à présent, qu'elle n'avait pas écrit de scénario. Peut-être pourrait-elle transcrire quelques mots, se basant sur le personnage inconnu qui lui faisait face ouvrant sur de multiples possibles. Voilà ce à quoi elle songeait, tout en sirotant son cocktail, mordillant, de temps à autre, la paille entre ses dents. Les verres, devant son inconnu, défilaient, comme une danse, jusqu'à ce que le barman se sente obliger de prévenir un potentiel danger. D'une voix douce, la jeune femme s'adressa à lui, à la place de l'intéressé qui, ignorant les propos lui étant adressé, continuait son rituel.

« Laissez. »

L'homme derrière le comptoir la regarda un bref instant, la jaugea d'un coup d’œil, puis haussa les épaules avant de vaquer à ses occupations. Il semblait connaître le prénommé Zacch. Ce personnage inconnu qui, désormais, portait un surnom restreignant les champs du possible quant à son prénom.
A présent, beaucoup de choix s'offraient à Alice. Lui proposer de le raccompagner aurait pu être une option, mais elle n'était elle-même pas venue en voiture. Et hors de question de l'amener dans sa demeure conjugale – bien que le couple qu'elle formait avec Angel soit entièrement libre, seulement marqué par des intérêts mutuels –, mais « Zacch » se serait montré réticent. Voire intraitable sur la question, qu'il tienne ou non sur ses jambes.
Elle aurait pu toutefois lui proposer de venir avec elle jusqu'à l'appartement qu'elle possédait, dans le centre ville, à quelques pâtés de maisons. Il aurait pu se doucher, et sombrer sans craintes dans les bras de Morphée. Mais là encore, il aurait fallu marcher un petit moment, en compagnie d'un homme sans doute on ne peut plus réticent.
Elle aurait pu lui demander les clés de sa voiture, afin de le raccompagner chez lui, ou en tout cas à l'endroit où il vivait. Que ce soit dans une maison, un motel, ou sous un pont.
Elle aurait pu appeler l'hôpital, en prévision d'un potentiel coma éthylique.

Oui, définitivement, elle aurait pu faire tout ça. Pourtant, elle choisit de lui offrir un verre. Un bon. Un fort. Le barman lui fit les gros yeux mais supposa que Zacch était accompagné. Chose peu commune, sans doute, à en juger par le regard de l'homme à la fois étonné et intrigué. Alice lui fit un sourire éblouissant, qu'il lui rendit. Évidemment.
Peut-être était-ce cela qui l'intéressait, chez Zacch ? Qui l'attirait. Il ne la regardait pas, ne voulait pas discuter avec elle, ne fantasmait pas, et ne fantasmerait sans doute jamais. Cela lui plaisait, à Alice. Cela lui plaisait beaucoup et la soulageait. Mais qui blâmer ? Les hommes pour leur comportement ? Non, pas entièrement. Alice jouait le jeu. Alice se glissait souvent dans la peau de cette fille séductrice, tentatrice, dans le cadre de son travail. Ou tout simplement pour ne pas s'endormir seule. Elle en avait perdu l'habitude, et préférait avoir quelqu'un pour combler le vide à ses côtés. Donc, non, elle ne pouvait blâmer personne : elle donnait, aux autres, les atouts nécessaires pour la complimenter, la charmer alors, qu'au fond, c'était eux qui étaient sous son emprise et non l'inverse.
Amusant jeu de pouvoir.
Ce soir en revanche, pas de jeu. A par celui des devinettes, des inventions, des mystères et des interrogations.

« Zacch... Diminutif de Zacchariah, peut-être ? » hasarda-t-elle, toujours aussi douce, quoique enjouée. « Vous buvez pour noyer vos pensées, y perdre votre cœur aussi, peut-être. Vous avez trouvé votre femme en compagnie de son amant, alors vous êtes parti. Elle a gardé la maison, parce que vous ne vouliez pas vous battre avec elle, mais, par la même occasion, cet amant en arpente les couloirs à votre place, à présent. Vous vivez donc dans un petit motel, aux abords de la ville, et vous venez ici assez souvent. Le barman vous connaît, n'est-ce pas ? J'espère que vous ne programmez pas un crime passionnel, en tout cas, même si parler avec un futur tueur serait assez fascinant, quoiqu'un peu effrayant. » Son rire cristallin empli l'air, l'espace d'un instant. « J'essaye de vous imaginer, Zacch. D'imaginer ce que cette enveloppe aux multiples traits soucieux, pensifs, douloureux laisse paraître. Je suis sûre à 99,9 % que tout ce que j'ai raconté est entièrement faux, mais ne m'en veuillez pas. Vous m'intriguez. » Elle s'appuya à nouveau sur le comptoir, perdant ses doigts dans sa chevelure brune.
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MessageSujet: Re: If I wasn't here tomorrow would anybody care ? || Zaccheo. ♥ Jeu 21 Juil 2016 - 14:54









" If I wasn't here tomorrow would anybody care ?

Alice φ Zaccheo

J'enchaîne les verres les uns après les autres perdant peu à peu le contact avec la réalité. La jeune femme assise à mes côtés ne cesse d'aligner des mots que mon cerveau se refuse d'analyser et de comprendre. Elle parle encore et encore sans jamais s'arrêter. Et moi, tout ce que je souhaite, c'est boire en paix. Finalement, elle m'offre un verre. Je l'accepte.

« Merci... pour le verre ». dis-je sans lui accorder un regard et de le vider d'un cul sec. Je tousse. Le bourbon est un alcool sacrément fort. Cependant, j'en avais grand besoin. L'idée de faire un petit geste de sympathie me traverse l'esprit mais je le repousse immédiatement me contentant simplement d'avaler encore un énième vers commandé au serveur. Je sens son regard se poser sur moi et m'aperçois que peu à peu mon cerveau commence à comprendre les paroles de la jeune femme. Comment ose-t-elle. Vidant cul sec un nouveau verre, je me tourne vers elle.

« Écoutez, vous m'avez l'air bien sympathique quoique un peu trop curieuse. Je n'ai rien à vous dire et vous, vous n'avez rien à savoir. Je ne suis absolument pas quelqu'un de fréquentable. Et surtout, ma femme ne m'a ni trompé, ni jeté en dehors de chez moi. Alors arrêtez avec vos incessantes questions, par pitié. »  dis-je sur un ton neutre mais dont une légère pointe d'agacement est perceptible alors que je caresse presque inconsciemment, du bout d'un doigt, la trace blanche laissée sur mon annuaire gauche par mon alliance que j'ai récemment retiré.  « Oh et aussi. Je ne m'appelle pas Zacchariah mais Zaccheo. Satisfaite ? » .

Joe me regarde et d'un signe de tête, je lui fait comprendre de me donner un nouveau verre . Ce qu'il fait mais, je voix bien à son visage qu'il est réticent. La soirée ne se passe absolument pas comme je l'avais prévu c'est à dire boire seul jusqu'à n'en plus pouvoir puis aller m'étendre dans la voiture et m'endormir sans avoir le temps de penser à quoi que ce soit ou à qui que ce soit. Finalement, je ne le bois pas. Les glaçons fondent dans le récipient, noyant le whisky. Dans quelques secondes il sera devenu tiède et imbuvable.


Je me retourne vers la jolie brune et l'observe quelques instants «Qu'attendez vous de moi ? Soit, je vous intrigue. Mais je n'ai rien d'exceptionnel. Je ne suis qu'un homme banal. Il n'y a rien de plus à dire. Rien de bien intéressant et croyez moi quand je vous dit que vous êtes entrain de perdre votre temps. Je ne suis pas bon pour la conversation. Je ne suis qu'un homme malheureux qui ne cherche qu'à oublier ses problèmes » .

Je joue avec mon verre faisan virevolter le liquide d'une belle couleur ambré. La jeune femme n'a pas l'air rebuter plus que ça part ma tirade. Elle est toujours là. A côté de moi, m'observant. Mais qu'attend-t-elle de moi ? Des excuses pour mon mauvais comportement ?

« Excusez moi pour mon comportement. C'est une mauvaise journée aujourd'hui. Puis-je vous offrir un verre pour me faire pardonner ? »   demandé-je, un peu dans l'espoir qu'elle refuse, se lasse et me laisse seul, avec pour tout loisir avaler des verres d'alcool toujours plus fort les uns que les autres. Mais en réalité, n'en ai-je pas marre de passer mes soirées seuls dans la voiture ou à l'hôtel ?

Il est vrai que, lorsque je suis entré dans ce bar, mon objectif était de noyer mes souvenirs. Pour passer une soirée sans penser à elle, ni à mon ancienne vie. Je voulais simplement oublier. Peut-être boire jusqu'à sombrer dans un coma éthylique. Je n'en sais rien finalement. Ce que je sais en revanche c'est que je n'avais absolument pas prévu cette rencontre, cette femme et ces questions. Cependant, un peu de compagnie le temps d'un verre ne peut pas faire de mal. Je fais signe à Joe, qui nous regarde avec un air rempli d'étonnement, de nous servir. Il est vrai qu'il ne m'a jamais vu accompagné. Jamais avec une femme, ni même un homme. Toujours seul, à la même table, à la même place, buvant toujours les mêmes choses. Finalement, je tourne une fois encore mon visage vers elle en lui souriant.

 « Alors, vous connaissez mon nom, mais moi, je ne connais pas le vôtre. Comment vous appelez vous ? Cela fait dix minutes que vous parlez seule et me posez un tas de question. A mon tour maintenant. Qu'est-ce qui vous intrigue tant chez moi pour que vous vous sentiez obligée de rester ici, me fixant et en parlant seul tout en attendant mes réponses ? »  lui demandé-je en avalant une gorgée de bourbon. Je me concentre alors sur la jeune femme, oubliant ainsi pour quelques instants ma femme et par la même occasion ma solitude.




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MessageSujet: Re: If I wasn't here tomorrow would anybody care ? || Zaccheo. ♥ Mer 17 Aoû 2016 - 18:14

Zaccheo & Alice




Enfin une réaction ! Négative, mais une réaction malgré tout. Un sourire naquit sur les lèvres d'Alice, presque doux. Presque tendre. Prendre. L'amusement supplanta le reste. Lorsque, pour la première fois, il laissa échapper des informations, elle pencha légèrement la tête sur le côté en le fixant avec intensité de ses grands yeux noisettes. Son regard tomba sur son annuaire. Vide. Un divorce ? Elle en vint presque à regretter ses suppositions précédentes. Presque. Mais que lui importait, au fond ? Que lui importait...

« Satisfaite ? » fit-elle écho à Zaccheo. « Je vais en tout cas m'en contenter. »

Redevenue taquine, elle lui fit un clin d’œil enjoué. Que voulait-elle ? Question fort pertinente. Oui, que voulait-elle ? Elle se surprit à penser que les hommes divorcés, bien que moroses pour la plupart, aimaient retrouver un semblant de complicité avec la gente féminine. Cependant, elle n'avait guère envie de glisser sur ce terrain de jeu en particulier. Pour une fois, juste pour une fois, elle souhaitait simplement discuter sans défis ni challenge. Restée pensive quelques instants, elle se reprit bien vite, affichant sur son visage le même sourire éblouissant et bon enfant qui lui était si particulier.
Justement. Un homme malheureux. Un instant, ses yeux se voilèrent et le poids de sa fatigue tomba sur ses épaules. Mais qu'importait. Oui, qu'importait... Silencieuse, elle posa sa tête dans le creux de sa main, restant là, immobile, à l'observer avec intérêt et attention. A son tour, elle ne décrocha pas un mot, suivant du regard le liquide qui tournoyait au fond de son verre.

Soudain, revirement de situation. La jeune femme haussa un sourcil, curieuse. Un homme bien lunatique... ! Peut-être attendait-il seulement qu'elle s'en aille sans insister ? Oui. Elle aurait pu le faire, en effet. Elle aurait pu. Au lieu de quoi, elle resta sur place, immobile toujours, observant encore.
Un sourire traversa le visage de Zaccheo. Bizarrement, il lui fit mal. Elle s'y reconnaissait, comme lorsqu'elle croisait, par inadvertance, le sien dans un miroir. Une fausse note invisible, imperceptible. A ses propos, un léger rire franchit la barrière de ses lèvres. Comme quoi, il y avait parfois du bon à s'accrocher. Elle le remercia d'un hochement de tête pour le verre qu'elle entreprit de siroter du bout des lèvres tout en réfléchissant aux réponses qu'elle pourrait formuler.

« Je m'appelle Alice, rien de bien extravagant. C'est même banal quand on y pense, alors j'aime croire que je suis la Alice du pays des merveilles. » Un petit sourire mystérieux naquit aux creux de ses lèvres avant qu'elle ne s'approche de Zacch pour continuer sur le ton de la confidence : « Quand je vous ai aperçu, j'ai cru voir mon propre reflet dans un miroir. Et je n'avais pas envie de le voir boire seul et silencieux, comme l'ombre de lui-même. » D'un doigt, elle désigna le sourire qui avait prit place, tout à l'heure, sur les lèvres de son interlocuteur. « Vous devriez encore travailler le regard qui l'accompagne. Votre sourire, je veux dire. Lorsqu'il est faux, ça se discerne à la lueur qui brille au fond des yeux. Le votre est éteint et l'alcool ne peu pas le raviver. »

D'un geste, elle demanda au barman de leur laisser la bouteille en échange de quelques billets verts qu'il ne put refuser. Alice servit, une fois de plus, son compagnon d'infortune, avant de poser son menton dans le creux de sa main.

« Alors dites-moi, Zaach, pourquoi choisir l'alcool pour s'y noyer ? Ça nous renvoie à ma première approche... Cela vous apporte-t-il vraiment la paix ? Hum. Moi, j'en doute à en juger par votre air morose. Mais enfin, qui suis-je pour vous le faire remarquer, excusez mon audace... » un petit sourire contrit naquit sur ses lèvres, comme une enfant prise en faute. Elle baissa les yeux sur son verre et, inconsciemment ou non, fit légèrement claquer son alliance contre le verre qu'elle tenait entre ses mains.
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Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: If I wasn't here tomorrow would anybody care ? || Zaccheo. ♥ Ven 2 Sep 2016 - 19:52









" If I wasn't here tomorrow would anybody care ?"

Alice φ Zaccheo

La Alice du pays des merveilles. Je ne peux empêcher mon rire de franchir mes lèvres, un sourire étirant déjà celle-ci. La célèbre histoire du très célèbre Lewis Caroll. J'ai rencontré peu de jeune femme s'appelant Alice, et aucune d'elle ne m'a fait ce rapprochement. Aucune, sauf elle. Il est vrai que, de nos jour, la plupart des jeunes hommes et jeunes filles ne prennent plus la peine de lire de telle œuvre bien trop occupé par les réseaux sociaux telle que Facebook ou Twitter. Ils n'ont plus le temps à consacrer à un bon livre, préférant alors un de ses torchons de la presse people.

« Intéressant » dis-je après quelques secondes de réflexion. « Vous êtes bien la seule répondant au doux nom d'Alice qui aimerai être cette jeune fille au caractère adorablement curieux et explorateur. Mais seriez vous aussi innocente qu'elle ? » demandai-je alors avec un petit sourire légèrement arrogant. Le sourire type du professeur en somme. Bien que je ne sois pas arrogant habituellement, il m'arrive parfois de laisser mes petits côtés sombres apparaître. Ici, ce soir, il s'agit de l'arrogance qui me caractérisait alors à vingt ans.

« Vous auriez peut-être dû le laisser seul. Je connais cet homme, on est bien loin d'être quelqu'un d'intéressant surtout quand il boit. A ce moment, il peut être d'un réel ennui mortel » lui dis-je sur le ton de la confidence avec une pointe d'amusement avant de reprendre mon sérieux « Votre propre reflet ? Vous voilà donc bien sombre jeune fille ». Je ne connais pas son âge. Et de toute manière, je ne lui demanderai pas. Mais parents m'ont toujours enseigné qu'il était impoli de faire cette demande à une damoiselle. Cependant, en la regardant et admirant son beau visage délicat, il est clair qu'elle a quelques années de moins que moi qui ne suis déjà pas bien vieux.

Pendant une demie fraction de seconde, nos regards se croisent, s'accrochent. Surtout ne se lâche pas. Duel. Finalement, je détourne le regard un peu gêner. Pas que cette jeune femme soit dans la provocation mais simplement parce que, ce soir, je ne me sens pas de taille à soutenir quoi que ce soit ou qui que ce soit. Le barman nous laisse la bouteille à la demande de la jeune femme. Il ne peut refuser ces quelques billets vers qu'elle lui tend ainsi qu'au sourire qu'elle lui offre. La remarque sur mon regard m'amuse plus qu'elle ne me vexe, bien qu'il n'y a pas à être vexé par cela. Il est vrai que je ne dois pas avoir le regard le plus joyeux au monde ce soir...cette année. Je lui souris une fois encore en réfléchissant quelques instant à ses paroles.

« Vous êtes extrêmement observatrice Alice » lui dis-je souriant à demi avant de reprendre pour répondre à la question consistant à me demander pourquoi, en cet instant, je suis dans ce bar entrain d'avaler des litres d'alcool. « Ne vous en fait pas, votre remarque est tout à fait juste. Cela n'apporte pas la paix mais, arrivé une certaine dose, les chances d'oublier les mauvaises choses au moins pour quelques heures sont alors élevées » lui dis-je un peu tristement. « Alors, je bois pour oublier. Je pourrais, comme certain me noyer le travail. Y passer des jours et des heures. C'est d'ailleurs ce que je fais la journée. Mais je n'ai pas une profession qui me permet de passer des nuits entières dans un bureau. »

Je jette un coup d’œil à la jeune femme, l’étudiant un peu mieux. Son visage ayant gardé quelques traits enfantins, sa grâce, son sourire, ses jolis yeux. Il n'est alors pas étonnent que tous les hommes autour de nous nous dévisage. Certains ont peut-être même envie de me jeter dehors pour prendre ma place. Cette pensée me fait rire. Enfin, mes yeux se posent sur ce petit anneau d'or. L'accrochant. Instinctivement, je caresse mon propre annuaires gauche où l'empreinte du bijou se voit encore. Il n'y a que peu que je me suis décidé à retirer mon alliance.

« Et vous ? Qu'est ce qui pousse une magnifique jeune femme telle que vous à venir boire dans un bar ? Si j'en crois votre main gauche, vous êtes mariée. Votre mari ne vous a pas accompagné ? » lui demandai-je alors. Chacun son tour d'être indiscret. Sans méchanceté bien entendu. J'avale une gorgé de bourbon et me reconcentre sur elle, souriant en attendant sa réponse.





© Méphi.




J'ai éclaté en sanglot. J'ai un faible pour cette expression. On n'éclate jamais de faim ou de froid. En revanche, on éclate de rire ou en sanglots. Il est des sentiments qui justifient qu'on vole en éclats.
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